Lancé par François Clauteaux le projet Pilote débute dès 1944



Cet essai est dédié à tous les lecteurs et auteurs du journal Pilote avec une pensée particulière pour  messieurs François et Rodolphe  Clauteaux  ainsi que Christian Godard et Jean Chakir .



                                                    
1930

Du haut de ses dix ans, imprégné du journal Benjamin de Jean Nohain (alias Jaboune)
il bricole à 12 exemplaires et vends aux parents et à son entourage un journal : l'Echo de l'Aubrière ...relatant les nouvelles retranscrites de Radio Rennes Bretagne la veille au soir, ce grâce à un poste à galène de sa propre fabrication. 




  François Clauteaux enfant    


Crédit Donatien Clauteaux 




1935
Il découvre un journal de la Bonne Presse  "A La Page ", après avoir vendu ce journal dans la rue il en devient leur correspondant sur Brest en mettant sur pieds une "Section des jeunesses d'étudiantes chrétiennes"qui sous son impulsion se développe et crée des 
abonnements .

                                    
1939
Impressionné par ses résultats et face à la carence de son personnel mobilisé, la Maison-mère le nomme à 19 ans journaliste pour :
"Messages"  "l' Appel de la jeunesse étudiante Chrétienne" "Le bulletin des équipes universitaires" et surtout  "Jeunes équipes dont il s'occupe en priorité .                                       

1940 
La guerre avec sa pénurie de papier fait disparaître les journaux, il retourne à Science-Po.
Il crée accompagné de Jean Hébrard, une association financée par le Secours National afin de s'occuper des enfants en difficulté, puis édite aidé par le jeune aspirant journaliste  Louis Martin Tard  un petit organe très édulcoré ;
"Le Centre de Documentation au service des moins de quinze ans", (réservé au moins de 15 ans afin de n'avoir aucun problème avec la censure Allemande bien entendu). Ce journal disparaît en 1943  .                                                                                                                                                                
1941
Il produit, signant sous le pseudonyme de Paquito le magazine non propagandiste "Cadet de France" avorté faute de visa de censure, il est accompagné d' Omer Boucquey  dessinateur de  " Choupinet "et future pointure du cinéma d'animation publicitaire.
Le papier promis en sous-main fait défaut ,comble de malchance le visa de censure n'ayant pas été reçu , le journal disparaît après ce n°1 non distribué . 


Omer Boucquey et son Choupinet Crédit Artima



1942 / 1943
Rencontre en camp de vacances, de Jacques Dagues se destinant aux Beaux arts et  aux dessins publicitaires , Dagues reste aux cotés de François Clauteaux et illustre ses projets.
Ensemble ils éditent sans succès un numéro de Renouveau grâce à de la fausse monnaie fournie par la Résistance.
Monnaie très bien imitée mais à laquelle il manquait un détail  " celui  des trous d"épingles  qu'ont tous les billets formant obligatoirement une liasses de 10 en  sortant de la banque avant d"être ventilés  ...ils se chargèrent de ce travail.


1942/43
Louis Martin Tard s'éclipse , François Clauteaux perd de vue Hébrard qui part au Service-du -Travail -Obligatoire .
Quelques mois plus tard  Il rencontre au Camps de vacances des Francisquains  "Oise", des Parisiens  Jacques Dagues de 8 ans son cadet, diplômé des Beaux arts expert en art décoratif et études artistiques futur illustrateur, monteur en décors, dessins publicitaires, il y retrouve également Louis. Martin .Tard le futur journaliste .
Ensemble ils refont une tentative d'édition de Renouveau , mais c'est un échec  (deux numéros seulement) avant de  disparaître.

Plus tard Jacques Dagues sera toujours aux cotés de François Clauteaux qui lui confiera toutes ses idées et projets à illustrer .





1944 


La première équipe F.Clauteaux  J.Dagues L.M.Tard 

Le trio constitué de François Clauteaux, Jacques Dagues et Louis Martin Tard  décide de rentrer sur Paris mais les temps sont durs et le travail ne court pas les rues. 
Ils prospectent sans succès des éditeurs pour proposer un concept de magazine destiné à l'enfance et petite jeunesse.

Une première rencontre va être déterminante dans ce concept ...
Celle d'Elise Sauvageot  directrice de Temps Présent et la vie Catholique rue de sèvres , (groupe de presse des dominicains)  qui aurait exigé un numéro complet de démonstration.
Ce dernier d'après elle devait servir de réserve journalistique en cas de manque à publier .


Une maquette est  co- réalisée par François Clauteaux, Jacques Dagues et Louis Martin Tard .
Le titre est trouvé par Louis Martin Tard,  ce sera ...Pilote .
Elle représente en première page un marin tenant le O de Pilote comme un gouvernail.








Dessin  non contractuel reproduit  d'après indications  de F.Clauteaux


Clauteaux aurait bien aimé axer le dessin vers l'aviation plutôt que la marine mais Dagues  étant plus graphiquement sur le naval eut gain de cause  .

Ce petit fascicule numéroté zéro en lettres et non en chiffres ne présentait pas de bandes dessinées, mais des infos pour la jeunesse et des nouvelles, le tout  assorti  en double page centrale de l'écorché simpliste mais documenté d'un chalut .

Anecdote: Ce n'est pas Louis Martin Tard  inventeur  officiel  qui a déposé (son) " Pilote " en propriété intellectuelle   mais François Clauteaux  et ce,  en son propre nom  .

(à ce sujet Il y eut un clash  téléphonique entre ces deux protagonistes  quinze années plus tard quand Pilote prit son essor )       

Ella Sauvageot  1900-1962    Crédit Les éditions de l'Atelier



Le prototype  est remis en mains propres de MadameSauvageot  .
Les semaines passent,  ne voyant rien venir  F.Clauteaux  se décide à appeler  madame Sauvageot .
Cette dernière  lui explique de but en blanc que si elle avait un quelconque besoin  d'eux , elle  leur ferait signe, mais, pour le moment tout est annulé. 

Il n'y eut jamais de suite mais d'après F.Clauteaux, le fascicule n°0 terminé et envoyé à Mme Sauvageot a quand même été inséré à leur insu dans un de ces magazines en hiver 1944/45 comme supplément fête de Noël ou de nouvel An.


                                                                                                                                                                                                  

                               Nota sur Louis Martin *Tard
* A ne pas confondre avec (quasi homonyme) l'autre excellent journaliste Canadien nommé  Louis Martin .

1/ le 01 Juillet 1945, jours de la présentation de la première maquette de Pilote,   Louis Martin Tard , fut engagé "en bas de l'échelle " par Mme Sauvageot  pour travailler sur des articles "des plus communs"à La Vie Catholique

2/ Quelques années après , apprenant que François Clauteaux avait déposé "son"  titre Pilote à sa place,  Louis Martin Tard lui téléphone et rappelle avec amertume que c'est lui même qui a trouvé le nom du journal, la discussion tourne court,  Louis Martin Tard raccroche après avoir lancé un M....e ! retentissant .

3/ Par la suite vers 1951  il s'installera au Canada continuera son métier et y fera une *carrière des plus brillante.


Août 1944 
François Clauteaux  entre dans la 2ème Division blindée du Général  Leclerc ( matricule n°9415),il  participe à la libération de Paris.
Démobilisé le 08 Août 1945 il  reste à la Capitale et habite au 39 rue de l'arbalète.

1945  
Clauteaux entre à L'oreal Monsavon au service publicité radio & cinéma


Crédit Jacques de Potier affiche monsavon de  Raymond Savignac 


1951

François Clauteaux co/invente  le concept des émissions cultes / Quitte ou Double et Salut Marcel (Uderzo se raconte/Stock chapitre 28) puis crée avec Jacques Dagues nouvellement arrivé chez l'Oreal , l'atelier de création graphique, leur objectif "Des phrases courtes, des slogans chocs, des images qui se retiennent" .


1952
Il retrouve Jean Hébrard qui *représente la World's Press de Troisfontaines au cours de l'émission de Radio-Luxembourg Radio-Théâtre,une émission sous chapiteau crée par Louis Merlin, et sponsorisé par l'Oréal, ce dernier souhaitant populariser deux de ses produits phares, le shampooing "Dop"avec Radio Circus et le savon "Monsavon"avec la tournée Radio-Théâtre



Le spectacle est animé par Marcel Fort et Roger Lanzac, des chanteurs en vogue comme Tino Rossi ou les Compagnons de la Chanson sont présents les Fratellini amusent le public.
* Distribution du magazine Spirou avec casquettes et drapeaux pour les jeunes spectateurs.




Jean Hébrard 








1953 
Jean Hébrard lui propose un partenariat pour s'occuper des réclames dans Bonne Soirée ils se retrouvent à Paris  chez worldpress  .







                                                        L'équipe n°2


Courant 1957 
François Clauteaux chef de la publicité à L'Oréal est également responsable des budgets radiophoniques de  la maison l'Oréal à Radio Luxembourg,il en anime lui même la campagne radiophonique.
Au regard de ce poste stratégique un projet personnel commence à  émerger;


Celui de lancer un périodique jeunesse sous forme d'un magazine consacré à  son fils Rodolphe.enfant-star de la publicité bien connu pour les réclames shampooing Dop.

Ce magazine doté de bandes dessinées et d'articles et rubriques sur Rodolphe serait  aussi  rempli de concours, publicité pour boissons sucrées, jouets, bonbons, spectacles,  chaussures de ville, articles de sport et  gadgets en tout genre .
Il y aurait bien sûr marketing oblige, les  bons de réductions allant avec.



En prime il  offrirait  aux acheteurs de ce périodique la possibilité d'autres remises et cadeaux grâce à une inscription gratuite qui les rendrait membre d'un club .
Ce dernier leur fournirait une *carte officielle avec photographie (plus élaboré que *celle établie  pour le "Club des enfants propres" du groupe Monsavon-Dop).








Ce groupe à créer devrait se nommer 
"Le club des Jeunes amis de Radio Luxembourg"

Il aborde donc  Boris Nicoloff responsable de l'association des Amis de Radio-Luxembourg et éditeur de Radio-Magazine pour savoir si cette démarche est possible .
Pour cela il se doit de prendre le temps de tout planifier à son aise .










                                               Un événement va tout accélérer 




Il y a près de 10 ans Rodolphe Clauteaux m'avait fait un gentil rappel lors d'une de nos correspondance .

" La première maquette, faite sur la table de notre cuisine d'alors, date de l'hiver 57-58  
François Clauteaux, mon 'père' venait d'être viré de L'Oréal où il avait travaillé dix ans, mais son "protecteur", Eugène Schueller (le papa de Mme Bettencourt) venait de mourir.
Ayant pas mal d'argent en poche, il fut "bien" licencié, il eut envie de réaliser son rêve d'enfant, un "journal pour les jeunes réalisé comme un journal pour les vieux". Comme vous le dites, il s'agissait d'une sorte de Paris-Match (d'avant 1995) pour les ados.
La première maquette fut donc réalisée avec du papier kraft et de la colle, sur la table de la cuisine de l'appartement de la rue de l'arbalète où nous vivions ".

Ayant le temps, les connaissances et les fonds il décide de rendre viable son projet et ce le plus rapidement possible  
Il demande à Rémo Forlani scénariste publicitaire pour Dop Monsavon (et co-auteur avec René Marc Novi  des aventures radiophoniques de Rodolphe) de développer ce projet.
Pour le dessin et la mise en page, Forlani se fait épauler par Jacques Dagues, pour le texte et les scénarios par  Lucien Combelle (journaliste écrivain au passé ...trouble). 




             Ils créent en peu de temps une maquette d'une vingtaine  de pages  qu'ils nomment  Les Cahiers de Rodolphe
François Clauteaux                       Rodolphe                                  Rémo Forlani

                                                                                 
               Puis, pour faire moins scolaire et plus attractif  :Le Journal de Rodolphe
Lucien Combelle                           Rodolphe                                  Jacques Dagues        
Nota: Le cahier et le journal de Rodolphe représentés ici  sont un montage fait d'après la description de F.Clauteaux 

Le gros soucis, c'est le remplissage du journal, outre les articles sur Rodolphe les jeux et coloriages illustrés par Dagues, les petits contes de Combelle , il faut de la bande dessinée pour attirer les gosses. 
Forlani, et c'est là que ça coince veut le remplir de strip américains et ce n'est pas du goût de Clauteaux qui  juge trop rébarbatifs et compliqués  ces supports là.
Cela ne corresponds pas du tout au public de Rodolphe . 

La suite va être cruelle pour certains ...



4 commentaires:

  1. Superbes documents

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  2. Un travail de bénédictin, le résultat est passionnant. Comptez-vous poursuivre au delà du numéro 1 du journal ? (Je suis moi aussi né en 1959, comme vous, et comme Astérix...)
    Félicitations !

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    Réponses
    1. La réponse est en fin de chapitre 14
      Merci et très cordialement votre

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