2 / Le premier printemps de Pilote bip








                                               Assemblons le puzzle



   



                                                           Virage à 180°


Pour se faire admettre dans le monde de la presse il faut être convaincant et trouver les bons partenaires.


Après qu'ils fussent présentés l'un à l'autre par Boris Nicoloff,  François Clauteaux présente son projet de magazine destiné à la jeunesse  à Raymond Joly chargé des relations extérieures de Radio-Luxembourg, ce dernier le trouvant viable  et lui conseille quand même de le peaufiner avant de le soumettre aux éventuels investisseurs dont il a grand besoin.

















La préparation d'un éventuel magazine destiné à la jeunesse qui  relié par les ondes aux feuilletons radiophoniques   émissions  et est également envisagé depuis plus d'un an  par Radio Luxembourg cette option leur permet de s'avancer à 20% de  sans trop prendre de risques en cas d'échec.tout en profitant d'attirer plus de monde sur leur station grâce au contenu dun journal qu'ils auraient bien voulu appeller champion au regard d'une emission déjà existante  mais qui sera suite à la  de Clauteaux définitivement appellé  Pilote emission elle ohé Pilote 
Ils vont faire le maximum pour faciliter les rencontres et les accord pour lecas échéant entrer dans la danse au dernier moment avec un signataire autre que r lux 



Raymond Joly rédige également un billet parisien dans Le Centre Républicain quotidien de Montluçon,il encôtoie les responsables René Ribieres Directeur et Charles Courtaud son administrateuril leur parle du projet de Clauteaux et le cautionne, ils sont très attentifs à l'idée d'investir dans un nouveau magazine jeunesse.






René Ribieres 
Qui sera médiatisé dans un duel au fleuret  Lien 








Sur conseil de Raymond Joly  François Clauteaux prend rendez-vous sur Paris  avec René Ribieres et Courtaud  pour discuter d'une possible association.

Au passage il est accompagné de plusieurs journalistes de Radio-Luxembourg pour donner du poids et du sérieux à sa démarche.

Ils se reverront  à Gien et l'affaire sera conclue à Montluçon, ils sont d'accord mais il y a un souci , très porté sur les bonnes moeurs , ils insistent sur le fait qu' un journal pour enfants fait par des journalistes n'est vendable que s'il y a des "Mickey" dedans et qu'il n'y ait pas de violence  . 
Il faut vite trouver des dessinateurs et scénaristes qui correspondent à cette tranche d'âge. 





Clauteaux connaît bien l'entourage d'Hébrard son ami de longue date, il le prie de lui présenter le trio dont il lui a parlé à maintes reprises, trio composé de J.M Charlier Albert Uderzo et René Goscinny .



Les origines du quatuor  Charlier  Goscinny Hebrard Uderzo
article en construction

Georges Troisfontaines  créa en fin des années 1940, l'agence World Press, qui employa de grands noms de la BD belge : Victor Hubinon, Jean-Michel Charlier, Eddy Paape, Albert Weinberg, Jean Graton...
Il fournit aussi une partie des Histoires de l'oncle Paul, il inventa Buck Danny, qu'il confia à Hubinon. Jean-Michel Charlier le remplacera rapidement au scénario.
Géniteur de ce premier couple star de la BD, Troisfontaines en créa un autre, c'est dans son agence que René Goscinny rencontra Albert Uderzo.

*En 1956 évince Goscinny, présumé à tort créateur d'une charte de droits des scénaristes et dessinateurs, Charlier Hébrard et Uderzo le suivent par solidarité.

Jean Hébrard commercial en publicité à worldpress (réintégré par Troisfontaines qui avait trop besoin de lui) était en Sciences-Po puis dans la 2em DB avec Clauteaux 
Il pense à ce dernier pour lui demander de s'occuper de la promotion de Bonnes Soirées, Clauteaux accepte, ce travail les remet en contact.

Nota: un article sur 3 pages avec 5 photos et rodolphe en couverture du n°1753 du 11 septembre 1955  laisse penser que F.Clauteaux eut des contacts avec Bonnes Soirées bien avant cette date .
Nota 2: Goscinny Uderzo et Charlier qui travaillèrent entre 1951 et 1955 pour ce magazine auraient bien pu croiser Clauteaux et furent bien sur en contact avec Hébrard.





  EdiFrance/Edipresse     
          
1956 suite
Jean michel Charlier travaille pour la World Press, où en plus d'être scénariste il est directeur artistique, pour l'International Press dirigé par Yvan Chéron, le beau-frère de Georges Troisfontaines, c'est également à cette époque qu'il rencontrera Albert Uderzo.
La même année
Jean michel Charlier et Albert Uderzo suivent par solidarité René Goscinny renvoyé de  worldpress  .
Ils créent avec et *grâce à, Jean Hébrard également remercié, l'agence Edi-France pour la publicité / Edi-Presse pour la presse.
*Hébrard devenu animateur au sein du syndicat des grands couturiers (son beau père en étant le président) hérite par sa mère du Grand Café de la Bourse à Paris, cette position lui donne une assise auprès des banques, il finance le plus gros du projet, leurs locaux se composent de deux bureaux surplombant le Grand café de la Bourse, sis 2 rue de la Bourse.
Suit une idée de Charlier, sur la base d'insert d'un supplément bd  Le Supplément illustré dans les journaux du week-end .
Goscinny , Uderzo ,  Morris , Franquin , Peyo  Jijé ,Will , Dimitri   Sempé, Bosc, Tetsu , Morez préparent la première planche de diverses séries.
Sempé place Le Petit Nicolas qui s'exprime en phylactères, Uderzo et Goscinny créent l'éphémère et Invincible Antoine  Charlier et Uderzo font de même pour Marc Laurent, prototype deTanguy et Laverdure.
Franquin esquisse un Mimile garçon de bureau futur Gaston Lagaffe, Peyo dessine une petite aventure de science -fiction et on y trouve un strip étonnant de Morris style série noire.
Les marchands de journaux en kiosque demandent 20 centimes par unité à insérer, un problème de forme pécuniaire se pose et met fin à l'entreprise, le projet s'arrête à une maquette de 4 pages sortie de l'imprimerie Paul  Dupont 


1957
Un de leur premier travail est une sérigraphie commandée par une boisson non alcoolisée, ils seront aidé sur le plan matériel et technique par les frères Druon.
Février
Ils créent Jeannot financé par la publicité des marques (montres Nappey, chocolat Klaus, plastiques Gilac ) et composé de bd, rubriques, récits en couleur,ce dernier cesse au n°12.
Ils reprennent rétrocédé par Worldpress en guise de compensation le magazine Pistolin sponsorisé par le chocolat Pupier, magazine obtenu en échange de *Pistoles, par la suite Pistolin fut également obtenu par abonnement .
*Pistoles monnaie fictive sous forme de petits billets cartonnés de 50..80 et 100 Pistoles placés dans les tablettes de chocolat et dans les produits Jacquemaire et Mère Picon.
Pistolin après une chute des ventes due au nouveau tarif postal périclite, suit un changement de format qui s'avère catastrophique, il disparaît en novembre.
Ils font des illustrations pour  la Sté Fabrique-Union gérante de la Samaritaine 



confié à edipress

La station *Radio- Luxembourg veut lancer un l'hebdomadaire Radio-Télé composé de rubriques, programme tv, et pages de bandes dessinées, Uderzo et Goscinny créent la couverture et un strip nommé "Routine " mais le projet Radio-Télé est abandonné.





Ils font deux fascicules de quatre pages pour la revue publicitaire Clairon financée par les pâtes Milliat Frères ,(même genre que Pistolin avec points cadeaux) .
Ils illustrent également une publicité de céréales pour petit déjeuner sous la forme d'un mini-récit ou il faut coller des vignettes c'est là qu'apparaît le personnage Jim Flockers.
Organisé par le syndicat de la margarine Française les voici, accompagnés de Sempé et du journaliste Franklin en quai de seine sur la péniche Le Borde Frétigny , encadrant la visite de sommités Africaines venues vanter en tenue d'apparat la provenance des ingrédients de la margarine.  
1958
Déménagement de la rue de la Bourse vers le 2 rue du Helder Paris 9ém.
Uderzo et Goscinny travaillent à Top réalité jeunesse successeur en novembre 1958 du journal Benjamin.
Les temps changent il leur faut vite s'adapter pour trouver un support porteur et rentable car Top est réservé à une jeunesse plus élaborée plus "in"et les bandes dessinées sont appelées à disparaître de son contenu pour laisser place à des rubriques.



Leurs compétences et leurs  corrélations professionnelles firent qu'ils rencontrèrent les bonnes personnes  (projet Pilote) au bon moment .



Un premier rendez-vous est pris dans la brasserie d'Hébrard, toutes les personnes précitées sont présentes, d'accord sur le fond ils se redonnent rendez vous pour en reparler plus longuement .

Clauteaux sait déjà dans quel sens il va aller, les deux scénaristes et le dessinateur qu'il vient de quitter ont un bien meilleur potentiel créatif que celui de l'équipe Forlani .

Ce dernier ne se doute pas de ce qui se trame, de plus il a commis l'erreur de suggérer à Clauteaux d' insérer de la Bd Américaine (chose que Clauteaux exècre) dans Le Journal de Rodophe pour lui donner plus de contenu.





Le rôle de Radio Luxembourg dans la prépa de Pilote 
en construction 

Joly
Champion essai en 58 sur papier 
concrétiser animation radio jeunesse sur du papier pour marketing porteur 
titre champion refusé par clauteaux 



Printemps 1959

François Clauteaux, René Ribières, Charles Courtaud, Jean .Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny et Jean Hébrard se réunissent à nouveau au siège d'Edipresse, groupe fondé par le quatuor Uderzo Goscinny Hébrard et Charlier.

L'idée d'un journal pour les jeunes rapproche réellement tout ce petit monde et en commun accord ils décident de fonder une société d'édition.

Clauteaux s'affirme en les convaincant de la nommer Société D'édition Pilote titre qu'il a officiellement déposé depuis des années.









La nouvelle équipe Pilote part s'installer au *30 rue Notre Dame des Victoires Paris 2la société Edipresse- EdiFrance aménage également dans ces mêmes locaux.




Société D'édition PiloteSiège social 100 rue de Richelieu * Paris 2° *ancien siège du quotidien  Le Journal 1892- 1944  Durée de la societé  75 ans. Capital de 1.000.000 de francs légers.

200.000 francs / Radio Luxembourg  qui paiera en plus le papier & l'imprimerie georges  lang  11 bis rue curial (son signataire sera Raymond Joly)
200.000 francs / François Clauteaux
200.000 francs / Edipress/Edifrance  J.M.Charlier, René Gosciny,  Albert Uderzo, Jean Hebrard
200.000 francs  / *Ribiere René          Directeur du quotidiens de Montluçon Le Centre Républicain
200.000 francs / *Courteaud Charles  Administrateur du quotidiens de Montluçon Le Centre Républicain.
*Ces deux derniers insistent pour faire partie du comité de rédaction afin de superviser et éliminer les sujets délicats interdits par l'article 4  du 16 juillet 1949 .






               3 Feuilles extraites de l'acte officiel de fondation de la société d'édition Pilote















La parenthèse amère de Rémo Forlani


Il faut revenir en arrière de quelques mois pour bien comprendre .
François Clauteaux conscient de son potentiel avait demandé à Rémo Forlani de créer de toutes pièces un journal pour la jeunesse, et son fils Rodolphe dont la notoriété d'enfant prodige chez Dop n'était plus à faire en serait vedette et fil conducteur.
Rémo avec son copain Jacques Dagues aidé également de lucien combelle travaillèrent avec acharnement pour faire aboutir très rapidement ce projet .

Entre temps Clauteaux rencontra Hébrard, Uderzo, Goscinny et Charlier qui lui proposèrent un magazine très vivant plus moderne et varié.

Clauteaux compris très vite qu'ils représentaient l'avenir réel et novateur de ce qu'il recherchait et opta de leur confier le projet, il prit un virage à 180 degrés avec la façon de voir et concevoir de Dagues et Forlani qui faute de contenu, voulaient inclure des rééditions de bandes dessinées Américaines telles que Mandrake et Guy l'Eclair.

Le titre Les Cahiers de Rodolphe puis Le Journal de Rodolphe devint Pilote, Rémo Forlani qui se voyait futur rédacteur en chef est écarté, cantonné avec Dagues à une page de P'tit Pat dans Pilote lucien combelle restera également et participera à quelques rubriques pendant de longues années.



Extraits de "Toujours vif et joyeux" de Rémo Forlani












 La version de Pascal Ory  est plus explicite et moins caustique 









 Cette idée de club avec carte d'adhérant se concrétisera avec le carnet de Bord Pilote en Octobre 1959

1 commentaire:

  1. Merci pour ce blog, il est étonnant de voir qu’on peut encore apprendre des trucs sur un journal dont on avait l’impression de tout connaître.

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Vous venez de visiter ce blog , vous a t'il plu, qu'en pensez vous sincèrement ?
Prenez une minute pour me le faire savoir... merci